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La pluie

La pluie et moi marchions

Bons camarades

Elle courait devant et derrière moi

Et je serrais notre trésor dans mon coeur

Elle chantait pour nous cacher

 

Elle chantait pour endormir mon coeur

Elle passait sur mon front sa peau mouillée

Et humaine ma chère pluie

Elle tendait l’oreille

Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti

 

Elle me met les mains sur les épaules

Et court tant haut dans la plaine du ciel

Et tant me montre les diamants du soleil

Et tant toujours me caresse la peau

Et tant toujours me chante dans les os

Que je deviens un bon camarade

J’entonne une grande chanson

Qu’on entend et les cabarets et les oiseaux

Disent à notre passage Maintenant

Ils chantent tous les deux.

Pierre Morhange

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